COMMENT DIEU JUSTIFIE LE PECHEUR
Il y a dans la Bible plusieurs mots ou expressions dont une mauvaise compréhension du sens - parce que lus de façon superficielle - conduit souvent à l'erreur. Pourquoi? Eh bien parce que la Bible étant un livre spirituel inspiré à l'origine par l'Esprit de Dieu, Elle ne peut être bien comprise que si l'Esprit Lui-même l'enseigne.
Cette étude a pour but de considérer de très près la doctrine de la justification telle qu'enseignée dans les Ecritures. Plusieurs commentateurs ont présenté cette doctrine comme la plus importante des Ecritures, mais les controverses qui existent sur le sujet entre les différents auteurs ou prédicateurs qui en ont traité, peut susciter la question de savoir comment un si grand nombre de personnes peuvent-il lire et étudier un même passage des Ecritures et en venir, autant qu'ils sont, à des interprétations aussi diverses? Il existe deux types de réponses à cette question.
Le sujet de la justification fait justement partie de ces vérités. Ceux qui y viennent avec les yeux naturels et la sagesse humaine concluent que nos oeuvres, notre volonté ou notre foi, sont à l'origine de notre justification. Il apparaît par contre aux yeux que donne l'Esprit, qu'elle repose entièrement sur la personne et l'oeuvre du Seigneur Jésus Christ; accomplie par son obéissance jusqu'à la mort. Les expressions du genre: 'Justifié par la foi' ou 'Justifié par les oeuvres' doivent être prises dans leurs contextes, une fois que la vérité de la 'justification par le sang de Christ' est bien reçue par la foi grâce à l'oeuvre du Saint Esprit.
Les questions qui m'ont récemment été posées sur ce sujet, ont suscité en moi l'intérêt de produire ce texte, sous la direction du Seigneur, j'en suis persuadé. Ceci pour répondre aux préoccupations qui existent à ce niveau. J'ai cependant beaucoup d'amis qui ne partagent pas mes convictions. Ce qui rend ma tâche des plus ardues, étant entendu que mon commentaire sur le sujet est susceptible de se voir opposer un rejet catégorique de leur part. En tout état de cause, mon intention n'est d'attaquer quiconque personnellement; loin de là. Il est plutôt question pour moi de traiter cette importante doctrine qu'est la justification, d'une manière simple et directe selon la compréhension que le Seigneur m'en a donnée, et ce en priant que le Seigneur nous accorde à tous la repentance là où nous avons besoin de lumière pour nous défaire du faux.
Que la question de la justification nécessite un éclaircissement est évident dans la mesure où la période dans laquelle l'on situe cet événement devant Dieu est révélatrice de ce que l'on croit à propos de la manière dont Dieu justifie le pécheur. D'aucuns pourraient hausser les épaules et dire par exemple que ce qui importe en fait n'est pas de savoir QUAND, mais plutôt COMMENT Dieu justifie le pécheur ou le simple fait de SAVOIR que Dieu justifie le pécheur. Ma conviction cependant, après avoir considéré la question tout en priant, demeure que le "QUAND" et le "COMMENT" de cet événement sont indissociables. Quand est-ce que la justification a eu lieu? Voilà une question vitale!
Je commence par définir la justification comme "cet acte par lequel Dieu absout les pécheurs de toutes culpabilités au regard de sa sainte loi, et les déclare justes à ses propres yeux sur la base du paiement du juste prix et de la satisfaction de sa loi et de sa sainteté."
Plusieurs passages des Ecritures sont pris à témoin pour appuyer cette théorie d’un quadruple justification. Avant d'aller plus loin, je voudrais ici demander au lecteur de bien vouloir faire attention à l'analyse suivante de cette doctrine, mais surtout, de la mettre en balance avec ce que je crois être la vérité biblique sur la question, savoir que la justification du pécheur a été une fois pour toute pleinement accomplie à la croix (2 Cor.5:21). C'est là, à la croix, que Dieu le Père a mis au compte de son Fils, le Substitut, tous les péchés de ses élus de tous les temps. C'est aussi là, à la croix, au même instant, sans différer aucunement, qu'Il leur a immédiatement, pour achever la transaction, imputé la justice de Christ, les rendant ainsi légalement saints et justes à ses propres yeux et ce sur l'unique motif de l'oeuvre que Christ a accomplie.
A l'opposé de la justification de Dieu présentée par les Ecritures comme ayant eu lieu une fois pour toute à la croix, les adeptes de la quadruple justification développent les points suivants:
1. La justification éternelle.
Sous ce premier point est véhiculé la conception selon laquelle tous ceux que Dieu a, par décret, résolu de sauver depuis l'éternité, ont par ce même décret, été justifiés en Christ depuis l'éternité. John Gill et John Brime notamment, ont soutenu ce point de vue. Selon eux, là où Apocalypse 13:8 parle de Christ comme l'agneau qui a été immolé DES la fondation du monde, il faut entendre AVANT la fondation du monde. Les défenseurs de la justification éternelle soutiennent donc que les élus furent déclarés justes devant Dieu, absous de tout péché et culpabilité, pardonnés, déclarés justes par une imputation divine, et acceptés comme parfaitement justes en Christ, le Garant d'une telle stature, avant même la création du monde.
2. La justification à la croix.
Ce dont il est question ici, c'est que ceux que Dieu a justifiés avant la fondation du monde auraient encore une fois justifiés par la mort du Seigneur Jésus Christ dans le rôle de Substitut. Il y a eu, disent-ils, absolution de toute culpabilité, et imputation de la justice depuis l'éternité. La croix ne serait donc que le déroulement de ce qui avait déjà été accompli. Je suis quant à moi persuadé que Dieu, de toute éternité, a certes résolu de justifier des pécheurs, mais n'a en fait accompli ce dessein qu'à la croix. Dire donc que cela a été fait depuis l'éternité avant même que la croix ne survienne, c'est dépouiller de son contenu le cri de victoire de Christ: "Tout est accompli" lancé à la croix. Tout n'a été accompli que lorsqu'Il a payé le prix de la rédemption, le prix de la délivrance de ses élus de la condamnation de la loi. Quand a t-Il payé ce prix? Quand Il a été fait pour eux péché (Romains 3:24-26).
3. La justification par la foi.
Ce troisième point se prête assez difficilement a une tentative d'explication tant la lecture que l'on fait de cette 'justification par la foi' varie selon les personnes, bien qu'il ne s'agisse d'une expression biblique dont la difficulté d'une interprétation pourrait être imputable à une diversité d'usage dans les Ecritures. Parmi ces multiples interprétations il y en a trois qui circulent parmi ceux qui adhèrent à la doctrine de la grâce souveraine de Dieu.
a. Cette première tendance entend par 'justification par la foi', le fait pour Dieu de ne justifier le pécheur que lorsqu'Il lui donne la foi et non avant. L'on enseigne ici que bien que Christ soit mort à la croix pour son peuple et bien qu'Il se soit chargé de leurs péchés, leur justification n'a lieu que lorsqu'ils croient. Certains vont même plus loin pour dire que ces élus sont exposés à la colère de Dieu jusqu'au moment où ils croient. C'est ce que dit cet auteur à travers les lignes suivantes: "Dès que la foi saisi la promesse et reçoit la justice de Christ, la colère de Dieu est levée et le croyant est adopté dans la famille de Dieu et bénéficie pleinement de l'héritage de la grâce. Nous demeurons coupables, pécheurs corrompus, et la colère de Dieu demeure sur nous jusqu'à ce que nous n'entrions en possession de la foi qui justifie (Jean 3:36; Rom.6:17,18; 1Jean 5:12)."
b. D'autres enseignent que c'est seulement par la foi que l'on s'approprie la justice de Christ. En d'autres termes, lorsque Christ a accompli l'oeuvre à la croix, Dieu l'a chargé des péchés de ses élus, mais quant à la justice de Christ, bien que théoriquement imputée à la même croix, ne devient pratique qu'à l'instant où le pécheur croit. Ils soutiennent par ailleurs que la justification n'est certes pas conditionnée par la foi, mais que le pécheur doit croire avant qu'elle ne s'applique à lui. Il en ressort donc que Dieu ne déclare son élu juste que lorsque ce dernier croit. La foi est donc considérée comme le canal ou l'instrument de la justification. Romains 5:1 est dit être le verset clé qui corrobore cette thèse.
c. Il y en a qui pensent qu'une véritable aspersion du sang au coeur et à la conscience n'a lieu qu'à la conversion chaque fois qu'un pécheur élu croit. ce point de vue laisse entrevoir l'idée d'une aspersion de sang et d'une imputation de la justice aux élus, non pas d'une manière globale les incluant tous à la fois et ce une fois pour toute à la mort de Christ (2 Cor.5:21) , mais plutôt de façon individuelle, à chacun, aussi nombreux soient-ils.
4. La justification par les oeuvres.
Je trouve inadmissible qu'une personne qui dit croire au message de la grâce souveraine de Dieu en Christ, puisse évoquer les oeuvres dans un débat sur la justification du pécheur devant Dieu. C'est cependant le cas puisque ce point figure au nombre des quatre aspects du courant que nous avons entrepris d'étudier. Le seul endroit où l'on trouve ce groupe de mot: 'justifié par les oeuvres', c'est bien en Jacques 2:14-26. Une bonne lecture du contexte cependant, montre qu'en fait, Jacques n'a pas pour but d'identifier ce qui justifie le pécheur devant Dieu, mais plutôt ce qui en est la preuve, ce qui en établit l'évidence aux yeux des hommes. Je ne crois pas qu'un vrai prédicateur de la grâce puisse soutenir que nous sommes justifiés sur la base de nos oeuvres. Cependant, si ce point reste tel qu'il figure au nombre des quatre volets sans faire l'objet d'une explication claire, il fait des oeuvres un maillon de la justification du pécheur devant Dieu.
CONFUSION DE TERMINOLOGIE ET PERSPETIVE
KEN WIMER
Shreveport Grace Church
Shreveport, LA