COMMENT DIEU JUSTIFIE LE PECHEUR

 

Il y a dans la Bible plusieurs mots ou expressions dont une mauvaise compréhension du sens - parce que lus de façon superficielle - conduit souvent à l'erreur. Pourquoi? Eh bien parce que la Bible étant un livre spirituel inspiré à l'origine par l'Esprit de Dieu, Elle ne peut être bien comprise que si l'Esprit Lui-même l'enseigne. 

Cette étude a pour but de considérer de très près la doctrine de la justification telle qu'enseignée dans les Ecritures. Plusieurs commentateurs ont présenté cette doctrine comme la plus importante des Ecritures, mais les controverses qui existent sur le sujet entre les différents auteurs ou prédicateurs qui en ont traité, peut susciter la question de savoir comment un si grand nombre de personnes peuvent-il lire et étudier un même passage des Ecritures et en venir, autant qu'ils sont, à des interprétations aussi diverses? Il existe deux types de réponses à cette question. 

  1. Certaines vérités sont difficiles à saisir, parce qu'elles requièrent réflexions et études, mais surtout un esprit d'humilité qui ne peut venir que de l'Esprit de Dieu. C'est un peu comme les Mathématiques. Vous pouvez apprendre à réciter 2+2=4 à un perroquet, mais les fondements de l'algèbre et de la géométrie, ainsi que certains théorèmes et problèmes Mathématiques exigent un bon pédagogue et de l'intelligence pour leur acquisition. Dans les Ecritures il y a des vérités que l'homme naturel peut apprendre et réciter, comme dans les catéchismes et les cours sur les rudiments de la Bible. Comprendre par contre comment Dieu peut être juste en justifiant les pécheurs, et les retombées d'un tel acte pour le pécheur, n'est possible que par une révélation de l'Esprit seul.

 

  1. Certaines vérités sont voilées et ne se laissent trouver qu'à l'issue d'une étude des mots et du contexte, à la lumière de la   Bible toute entière. Il nous arrive à tous de juger selon les apparences. Nous le faisons aussi bien avec nos  semblables qu'avec les doctrines de la Bibles. Par exemple, certains lisent : "Dieu a tant aimé le monde" et concluent que Dieu aime tous les hommes sans exception. Seule une étude minutieuse des Ecritures dans leurs contextes avec des passages comme "J'ai aimé Jacob et j'ai haï Esaü.", peut permettre de comprendre ce qu'est l'amour au sens propre. Une telle étude nous permet de comprendre qu'en fait il ne s'agit pas d'un amour universel sans restriction, mais d'un amour qui ne fait acception de personnes. Ce qui voudrait dire que Dieu aime les pécheurs sans distinction de leur situation géographique qui , par Lui, sont en Christ. Ils aiment Christ et croient en Lui, parce qu'Il les a aimés le premier.

 

Le sujet de la justification fait justement partie de ces vérités. Ceux qui y viennent avec les yeux naturels et la sagesse humaine concluent que nos oeuvres, notre volonté ou notre foi, sont à l'origine de notre justification.  Il apparaît par contre aux yeux que donne l'Esprit, qu'elle repose entièrement sur la personne et l'oeuvre du Seigneur Jésus Christ;  accomplie par son obéissance jusqu'à la mort. Les expressions du genre: 'Justifié par la foi' ou 'Justifié par les oeuvres' doivent être prises dans leurs contextes, une fois que la vérité de la 'justification par le sang de Christ' est bien reçue par la foi grâce à l'oeuvre du Saint Esprit. 

Les questions qui m'ont récemment été posées sur ce sujet, ont suscité en moi l'intérêt de produire ce texte, sous la           direction du Seigneur, j'en suis persuadé. Ceci pour répondre aux préoccupations qui existent à ce niveau. J'ai cependant beaucoup d'amis qui ne partagent pas mes convictions. Ce qui rend ma tâche des plus ardues, étant entendu que mon commentaire sur le sujet est susceptible de se voir opposer un rejet catégorique de leur part. En tout état de cause, mon intention n'est d'attaquer quiconque personnellement; loin de là. Il est plutôt question pour moi de traiter cette importante doctrine qu'est la justification, d'une manière simple et directe selon la compréhension que le Seigneur m'en a donnée, et ce en priant que le Seigneur nous accorde à tous la repentance là où nous avons besoin de lumière pour nous défaire du faux. 

Que la question de la justification nécessite un éclaircissement est évident dans la mesure où la période dans laquelle   l'on situe cet événement devant Dieu est révélatrice de ce que l'on croit à propos de la manière dont Dieu justifie le pécheur. D'aucuns pourraient hausser les épaules et dire par exemple que ce qui importe en fait n'est pas de savoir QUAND, mais plutôt COMMENT Dieu justifie le pécheur ou le simple fait de SAVOIR que Dieu justifie le pécheur. Ma conviction cependant, après avoir considéré la question tout en priant, demeure que le "QUAND" et le "COMMENT" de cet événement sont indissociables. Quand est-ce que la justification a eu lieu? Voilà une question vitale! 

Je commence par définir la justification comme "cet acte par lequel Dieu absout les pécheurs de toutes    culpabilités au regard de sa sainte loi, et les déclare justes à ses propres yeux sur la base du paiement du juste prix et de la satisfaction de sa loi et de sa sainteté."   

DE LA QUADRUPLE JUSTIFICATION

Parmi les théories qui sont de nos jours véhiculées sur la justification, il y en a une qui fait école parmi certaines   communautés de la grâce souveraine auxquelles j'ai moi-même été affilié pendant ces 20 dernières années. C'est une théorie qui comporte quatre volets, et qui s'éloigne du point de vue des Ecritures, au fur et à mesure que je sonde la Bible pour savoir quand est-ce que la justification du pécheur élu a été accomplie. Je suis persuadé que cet enseignement qui a cours aujourd'hui, s'oppose à ce que disent les Ecritures et est susceptible d'égarer quiconque voudrait connaître la vérité. Cela nous ramène à la question de savoir si la justification implique un acte sur lequel Dieu revient plusieurs fois, justifiant le pécheur (depuis l'éternité, à la croix, au moment où il croit, et par ses oeuvres) ou alors s'il s'agit d'un acte accompli une fois pour toute et qui a définitivement résolu le problème de la culpabilité et celui de la justice du pécheur devant Dieu à l'issue du paiement du juste prix par le Substitut, le Seigneur Jésus.

Plusieurs passages des Ecritures sont pris à témoin pour appuyer cette théorie d’un quadruple justification. Avant   d'aller plus loin, je voudrais ici demander au lecteur de bien vouloir faire attention à l'analyse suivante de cette doctrine, mais  surtout, de la mettre en balance avec ce que je crois être la vérité biblique sur la question, savoir que la justification du pécheur a été une fois pour toute pleinement accomplie à la croix (2 Cor.5:21). C'est là, à la croix, que Dieu le Père a mis au compte de son Fils, le Substitut, tous les péchés de ses élus de tous les temps. C'est aussi là, à la croix, au même instant, sans différer aucunement, qu'Il  leur a immédiatement, pour achever la transaction, imputé la justice de Christ, les rendant ainsi légalement saints et justes à ses propres yeux et ce sur l'unique motif de l'oeuvre que Christ a accomplie.

A l'opposé de la justification de Dieu présentée par les Ecritures comme ayant eu lieu une fois pour toute à la croix, les  adeptes de la quadruple justification développent les points suivants:

1. La justification éternelle.

Sous ce premier point est véhiculé la conception selon laquelle tous ceux que Dieu a, par décret, résolu de sauver   depuis l'éternité, ont par ce même décret, été justifiés en Christ depuis l'éternité. John Gill et John Brime notamment, ont soutenu ce point de vue. Selon eux, là où Apocalypse 13:8 parle de Christ comme l'agneau qui a été immolé   DES la fondation du monde, il faut entendre AVANT la fondation du monde. Les défenseurs de la justification éternelle soutiennent donc que les élus furent déclarés justes devant Dieu, absous de tout péché et culpabilité, pardonnés, déclarés justes par une imputation divine, et acceptés comme parfaitement justes en Christ, le Garant d'une telle stature, avant même la création du monde.

2. La justification à la croix.

Ce dont il est question ici, c'est que ceux que Dieu a justifiés avant la fondation du monde auraient encore une fois justifiés par la mort du Seigneur Jésus Christ dans le rôle de Substitut. Il y a eu, disent-ils, absolution de toute culpabilité, et imputation de la justice depuis l'éternité. La croix ne serait donc que le déroulement de ce qui avait déjà été accompli. Je suis quant à moi persuadé que Dieu, de toute éternité, a  certes résolu de justifier des   pécheurs, mais n'a en fait accompli ce dessein qu'à la croix. Dire donc que cela a été fait depuis l'éternité avant même que la croix ne survienne, c'est dépouiller de son contenu le cri de victoire de Christ: "Tout est accompli" lancé à la croix. Tout n'a été accompli que lorsqu'Il a payé le prix de la rédemption, le prix de la délivrance de ses élus de la condamnation de la loi. Quand a t-Il payé ce prix? Quand Il a été fait pour eux péché (Romains 3:24-26).


 

3. La justification par la foi.

Ce troisième point se prête assez difficilement a une tentative d'explication tant la lecture que l'on fait de cette  'justification par la foi' varie selon les personnes, bien qu'il ne s'agisse d'une expression biblique dont la difficulté d'une interprétation pourrait être imputable à une diversité d'usage dans les Ecritures. Parmi ces multiples interprétations il y en a trois qui circulent parmi ceux qui adhèrent à la doctrine de la grâce souveraine de Dieu.

  a.  Cette première tendance entend par 'justification par la foi', le fait pour Dieu de ne justifier le pécheur que lorsqu'Il lui  donne la foi et non avant. L'on enseigne ici que bien que Christ soit mort à la croix pour son peuple et bien qu'Il se soit chargé de leurs péchés, leur justification n'a lieu que lorsqu'ils croient. Certains vont même plus loin pour dire que ces élus sont exposés à la colère de Dieu jusqu'au moment où ils croient. C'est ce que dit cet auteur à travers les lignes suivantes: "Dès que la foi saisi la promesse et reçoit la justice de Christ, la colère de Dieu est levée et le croyant est adopté dans la famille de Dieu et bénéficie pleinement de l'héritage de la grâce. Nous demeurons coupables, pécheurs corrompus, et la colère de Dieu demeure sur nous jusqu'à ce que nous n'entrions en possession de la foi qui justifie (Jean 3:36; Rom.6:17,18; 1Jean 5:12)."

  b.   D'autres enseignent que c'est seulement par la foi que l'on s'approprie la justice de Christ. En d'autres termes, lorsque Christ a accompli l'oeuvre à la croix, Dieu l'a chargé des péchés de ses élus, mais quant à la justice de Christ, bien que théoriquement imputée à la même croix, ne devient pratique qu'à l'instant où le pécheur croit. Ils soutiennent par ailleurs que la justification n'est certes pas conditionnée par la foi, mais que le pécheur doit croire avant qu'elle ne s'applique à lui. Il en ressort donc que Dieu ne déclare son élu juste que lorsque ce dernier croit. La foi est donc considérée comme le canal ou l'instrument de la justification. Romains 5:1 est dit être le verset clé qui corrobore cette thèse.

  c.   Il y en a qui pensent qu'une véritable aspersion du sang au coeur et à la conscience n'a lieu qu'à la conversion chaque fois qu'un pécheur élu croit. ce point de vue laisse entrevoir l'idée d'une aspersion de sang et d'une imputation de la justice aux élus, non pas d'une manière globale les incluant tous à la fois et ce une fois pour toute à la mort de Christ (2 Cor.5:21) , mais plutôt de façon individuelle, à chacun, aussi nombreux soient-ils.

4. La justification par les oeuvres.

Je trouve inadmissible qu'une personne qui dit croire au message de la grâce souveraine de Dieu en Christ, puisse évoquer les oeuvres dans un débat sur la justification du pécheur devant Dieu. C'est cependant le cas puisque ce point   figure au nombre des quatre aspects du courant que nous avons entrepris d'étudier. Le seul endroit où l'on trouve ce groupe de mot: 'justifié par les oeuvres', c'est bien en Jacques 2:14-26. Une bonne lecture du contexte cependant, montre qu'en fait, Jacques n'a pas pour but d'identifier ce qui justifie le pécheur devant Dieu, mais plutôt ce qui en est la preuve, ce qui en établit l'évidence aux yeux des hommes. Je ne crois pas qu'un vrai prédicateur de la grâce puisse soutenir que nous sommes justifiés sur la base de nos oeuvres. Cependant, si ce point reste tel qu'il figure au nombre des quatre volets sans faire l'objet d'une explication claire, il fait des oeuvres un maillon de la justification du pécheur devant Dieu.  

CONFUSION DE TERMINOLOGIE ET PERSPETIVE

Même si certains se laissent convaincre par divers aspects de la quadruple justification, force est de reconnaître en gros que la présentation de la justification comme un acte de Dieu en quatre temps, travesti la nature même de la justification (la mise des péchés au compte du Saveur et l'imputation, à sa mort, de sa justice au pécheur). C'est pour cette raison que nous devons faire en sorte de définir cette importante doctrine aussi clairement que Dieu l'exige. Certains peuvent trouver que tout ceci est trop compliqué et se demander pourquoi ne pas rendre les choses plus simples. Ma réponse est qu'en réalité le problème n'est pas au niveau de la vérité elle-même, mais bien entendu, au niveau de notre mauvaise approche cette vérité. La doctrine de l'élection ne présente aucune difficulté. Dieu a choisi ceux qu'Il voulait sauver (Romains 9:16). Comment y croire? C'est de là que vient la difficulté. Pareil pour l'oeuvre rédemptrice de Christ, la justification, et notre sanctification en sa mort. La vérité pure et simple est que tout cela a été accompli en sa mort à la croix. Les choses ne se compliquent que lorsqu'on ajoute: " Oui, mais... il y a aussi la justification éternelle et la justification par la foi."

Je reconnais que certaines expressions des Ecritures peuvent prêter à confusion si l'on ne prend pas la peine d'établir avant tout la vérité qui s'y rapporte. La Bible dit par exemple que Christ est le Sauveur du monde (1 Jean 4:14), mais pour savoir ce à quoi allusion est faite il faut une révélation de Christ à partir des autres portions des Ecritures pour comprendre que ce qui est dit de Christ. Ce qui est dit ici, c'est qu'Il sauve des pécheurs de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, et de toute nation (Apocalypse 5:9), et non tous les pécheurs du monde sans exclusif. Il en est de même pour l'expression 'justification par la foi'. Qu'est ce à dire? Conscient des confusions qui puissent exister, je demanderais au Seigneur d'ôter de notre esprit les notions préconçues que nous avons sur la justification et qui pourraient nous distraire de l'oeuvre parfaite que Christ a accomplie à la croix au nom de son peuple, à la satisfaction totale de Dieu le Père.

Premièrement, la notion selon laquelle Dieu a déclaré les pécheurs justes et les a acquittés de l'éternité, avant même qu'aucun péché n'ait été imputé ou même qu'une justice n'ait été établie dans la chair par un juste Substitut. Hébreux 9:16 dit :"Car là où il y a un testament, il est nécessaire que la mort du testateur soit constatée." Autrement dit, le décret éternel de Dieu visant à justifier les pécheurs ayant leurs noms écrits dans le livre de vie de l'agneau depuis l'éternité, est assimilé à la préparation d'une dernière volonté et d'un testament. Son existence est certaine, mais ne peut être ratifié que LORSQUE la mort du testateur est constatée. En Luc 1:72, Zacharie prophétisant sur la venue du Seigneur Jésus dit: "C'est ainsi qu'Il manifeste sa miséricorde envers nos pères, et se souvient de sa sainte alliance." Cette sainte alliance n'est autre que celle conclue éternellement entre le Père et le Fils en vue de la justification des élus. C'est sa MISE EN OEUVRE effective qui a donné lieu à la miséricorde, permettant à Dieu d'être juste tout en justifiant. Dieu a pris la résolution de faire miséricorde à travers son Fils dans une alliance éternelle, mais la miséricorde, toutefois, ne pouvait être accordée au dépens de la justice.

Pensez-vous qu'un jeune prétendant puisse tenter de faire entendre raison à un père dont il aspire à épouser la fille, qu'étant donné qu'il a l'accord de la fille, il a le droit de la déclarer son épouse et de devenir un avec elle avant tout mariage, sans aucune forme de transaction légale? Les choses ne se passent pas ainsi! Il faut d'abord et avant tout, un arrangement. Ce n'est qu'après que vient l'acte de droit qui consacre l'union. Le fait pour notre prétendant de donner une bague de fiançailles à la fille avec l'accord du père ne signifie nullement qu'elle est déjà son épouse. Elle ne le devient qu'après la ratification de leurs voeux de mariage. C'est pareil pour la justification des élus de Dieu. L'accord entre le Père et le Fils est certes éternel, immuable, et certain, mais il fallait que le Fils vienne, vive, et meure pour en payer le prix, afin que Dieu puisse être juste tout en justifiant ceux qu'Il a choisis et donnés à son Fils.

Dire que Dieu a depuis l'éternité absous les élus de tout péché et de toute culpabilité, qu'Il leur a pardonné toute iniquité,  les a rendus justes par imputation divine, et les a acceptés comme aussi parfaits en Christ que Christ Lui-même avant de créer le monde, c'est non seulement mettre la charrue avant les boeufs, mais tout voir à l'envers. Sinon ne serait-ce pas loisible de dire que la chute d'Adam n'a pas mis les élus sous la condamnation, s'il est entendu que Dieu les avait déjà justifiés depuis l'éternité? Ils auraient donc été rendus justes, ensuite injustes pour être de nouveau justifiés par la mort de notre Seigneur?

Ceux qui enseignent la 'justification éternelle' se situent dans une logique qui apparaît clairement dans le traité de John Brine mentionné plus haut. Il fait un travail à même de montrer que la foi n'est pas la condition de la justification, mais plutôt l'évidence ou la preuve de la justification. Il se base sur plusieurs versets des Ecritures pour le démontrer. Seulement dans la seconde partie de son traité il défend la 'justification éternelle'. Mais en le faisant, son plaidoyer est remarquablement vide de tout support biblique; aussi vide que la Bible, de cette expression: 'justification éternelle'.

Les partisans de la doctrine de la 'justification éternelle' utilisent souvent trois passages des Ecritures pour appuyer cette doctrine.

1. Apocalypse 13:8. "L'agneau qui a été immolé dès la fondation du monde." Ce verset est souvent cité pour dire que si le décret concernant le sacrifice de son Fils était une réalité dans la pensée de Dieu, c'est qu'il était aussi effectif dans la réalité parce qu'Il l'avait décrété ainsi. C'est pourquoi Il pouvait les déclarer légalement justes avant même de préparer un corps à Christ pour le payement du juste prix du péché. Il faut noter cependant que l'expression 'dès la fondation du monde' signifie: 'dès sa conception' (depuis que ses fondements ont été établis ou depuis sa création). Quand les Ecritures font allusion à l'éternité, Elles utilisent l'expression " AVANT la fondation du monde." Christ utilisa Lui-même ces mêmes termes en parlant de la culpabilité de la nation Juive pour le sang des prophètes répandu "depuis la création du monde" (Luc 11:50). Le Seigneur ne voulait certainement pas dire 'depuis l'éternité.' Dans quelle mesure Christ est donc l'agneau immolé 'dès la fondation du monde ou depuis la création du monde'? Il l'est à travers les figures, images, et promesses, depuis le jardin             d'Eden, immédiatement après la chute en passant par les agneaux pascals, les sacrifices du matin et du soir, le Jour des expiations jusqu'au point culminant, de sa venue et de sa mort. Il ne s'agit, à travers tous les différents           sacrifices (types) de tout l'Ancien Testament, de la Genèse à Malachie, que du sang et de la justice de Christ.

A t-Il pu être immolé depuis l'éternité sans un corps charnel? Car les Ecritures sont précises sur le fait que Dieu le Père Lui a préparé un corps en vue de la souffrance et de la mort qu'Il devait connaître, Lui le juste pour des          injustes (Hébreux 10:5). Dieu ne pouvait pas souffrir et mourir, c'est pourquoi Il devait devenir semblable en toutes choses à ceux qu'Il venait représenter, de la conception à la mort, afin de se charger de leurs péchés.

2. Romains 8:30. "Et ceux qu'il a prédestinés, ils les a aussi appelés; et ceux qu'il a appelés, ils les a aussi justifiés; et ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés." Parce qu'il comporte le mot 'prédestination' dès le début, tout ce qui  suit, selon les partisans de la 'justification éternelle', a dû avoir lieu en même temps que la prédestination. Ils justifient leur position par l'utilisation du temps aoriste des verbes qui correspond à un passé indéterminé. Il existe toutefois deux autres interprétations aussi importantes de ce verset qui nécessitent, pour être bien comprises, de garder à l'esprit tout le contexte de Romains 8:28 jusqu'à la fin du chapitre.

Premièrement, c'est trop facile de dire que le temps aoriste se rapporte toujours à une action passée. En fait,       dans la plupart des cas, à l'exception de 'l'infinitif' l'aoriste est utilisé dans la langue grecque sans toujours tenir compte de l'aspect temporel. Plusieurs écrivains Grecs ont utilisé l'aoriste pour tout simplement exprimer un fait,       une certitude ou une particularité. La prière du publicain en Luc 18:13 en est un exemple très simple: "Dieu, soit apaisé (aoriste) envers moi, qui suis un pauvre pécheur." Il s'agit d'une requête dont l'aspect temporel n'est          pas ici en vue. Eu égard à ce que nous venons de dire, l'on peut voir en Romains 8:30 la simple expression de la  vérité  selon laquelle le pécheur n'est appelé, justifié et glorifié que parce que Dieu l'a prédestiné. Vu sous cet angle,  l'aoriste ne peut être ici utilisé pour arguer que cela faisait déjà partie de l'histoire avant de se produire.

Deuxièmement, l'intention de l'apôtre, c'est-à-dire ce qu'il a en vue, c'est ce qui ressort après que l'élu a été conformé à  l'image de Christ le Représentant de l'Homme, en sa venue, sa vie et sa résurrection. Romains 8:29 déclare que ceux que Dieu a choisis et prédestinés de l'éternité, l'ont été dans le but de les rendre conforme a l'image de son Fils ou de les faire "ressembler" à son Fils. Il est dit que c'est à cela qu'ils ont été prédestinés, et pré-justifiés. Au sens propre, le mot 'prédestiné' implique un plan ou un dessein dont la réalisation est à venir. Le préfixe 'pré' traduit  l'antériorité dans le temps et non un fait déjà accompli. C'est donc ce dessein de conformer les élus qui a été accompli travers la vie d'obéissance de Christ, l'Homme Dieu. C'est ainsi que les élus ont été 'rendus justes in Lui par Dieu' (2 Cor 5:21). Ce mot 'rendu' signifie littéralement 'devenir' ce qu'ils n'étaient pas avant. Si les élus avaient déjà été rendus justes de l'éternité par ce décret de Dieu, ce mot ne figurerait pas dans ce passage.

La véritable signification est donc que Dieu, en choisissant des pécheurs pour les sauver, s'était au préalable  résolu  à les rendre conforme à son Fils. Il n'est dit nulle part qu'Il les a créés conformes à son Fils, mais plutôt les rendrait conformes à son Fils. Il faut poursuivre la lecture dans son contexte pour savoir comment Dieu entendait arriver cette fin avec le temps. La réponse est évidente en Romains 8:29-30. L'utilisation du temps aoriste encore une fois traduit une vue anticipée de ce que Dieu allait accomplir par et en son Fils en vue de rendre ses élus conformes à son image.

Ceux qui soutiennent que le pécheur n'est justifié que lorsqu'il croit, verront ici que 'appelés' vient avant  'justifiés' (Romains 8:30). 'appelés', cependant, ne renvoi pas à régénération. Ce mot fait plutôt allusion à ceux  que Dieu a 'nommés' en prédestinant dans sa grâce et que Christ allait venir justifier en offrant sa vie. L'appel en Romains 8:28 fait référence à la convocation ou l'appel spécial de l'Esprit de grâce qui a lieu dans le coeur conformément au dessein de Dieu. Ceci dit, il est question au verset 30 d'un tout autre appel qui a le sens de 'nommer'.

En anglais par exemple le mot 'appeler' est utilisé dans deux sens. Comment vous appelez vos enfants par exemple, c'est-à-dire le nom que vous leur donnez: Jean, Marie, Pierre, etc. Quand c'est l'heure de se mettre par exemple à table, vous les appelez. Le sens ici est celui d'une convocation. Vous n'êtes plus au stade de leur attribuer un nom, ils en ont un déjà! Je crois donc que l'interprétation qui convient au verset 30 est celui-ci: Ceux que Dieu a prédestinés, Il les a appelés,' nommés' en Christ. L'image que nous avons ici est celui du souverain sacrificateur entrant dans le lieu très saint avec les noms des fils d'Israël gravés sur l'Ephod. Cela démontre qu'en venant, Christ a fait de même pour un peuple particulier, un peuple élu que Dieu nomma dans un dessein éternel d'élection.' L'ordo salutus' (ordre du salut) est le suivant: Ceux que Dieu a sauvés, Il les a d'abord prédestinés en Christ, et leur a (donné des noms ou les a élus) pour en faire sa propriété, puis les a justifiés. La confusion s'installe lorsqu'on présente la justification et la prédestination comme ayant eu lieu en même temps. Le verset qui suit, situe d'ailleurs clairement la justification au moment où Christ est mort (vv. 32,33). La conclusion donc est celle-ci: Ce que Dieu a résolu de l'éternité, Il l'a mis à exécution à la mort de son Fils. Vous y parviendrez à condition de lire tout le contexte.

Il en est de même pour la glorification de ceux que Dieu a prédestinés, et qu'Il a justifiés par la mort de son Fils. Cette glorification, Dieu l'a accomplie en ressuscitant son Fils et en le faisant asseoir dans les lieux élevés. Ceux pour qui Il est mort et est revenu à la vie on été glorifiés en Lui quand Il est revenu à la vie, est monté au ciel et s'est assis à la droite du trône de la Majesté Divine (Philippiens 2:9). C'était là la substance même de la prière de Christ dans le jardin en Jean 17:22,24. La glorification dont il est question ici n'est pas la glorification finale, bien que Christ soit mort à cette fin. Il s'agit plutôt dans ce contexte, de la gloire de Christ que les élus ont en partage, la gloire que Christ a obtenue pour avoir fidèlement satisfait à toutes les exigences requises pour le salut de son peuple.

En conclusion, il faut dire qu'au moment où Paul écrivait ces mots sous l'inspiration de l'Esprit, Christ avait déjà connu la mort, et avait déjà accompli ce à quoi Paul fait allusion, en sa mort. L'on comprend donc pourquoi il a plu à l'Esprit de faire faire usage du temps aoriste en vue de faire tenir l'oeuvre de Christ pour certaine. C'est l'interprétation la plus fidèle de ce texte à côté de celles qui confondent dessein et accomplissement en faisant passer une chose à venir pour déjà réalisée.

3. II Timothée 1:9 "Qui nous a sauvés, et nous a adressé une sainte vocation, non à cause de nos oeuvre, mais selon son propre dessein, et selon la grâce qui nous a été donnée en Jésus Christ avant les temps éternels." Voici le troisième verset que les partisans de la justification éternelle aiment à citer  pour dire que le salut à eu lieu de l'éternité, au moment où Dieu en a pris la résolution. Bien que cela ne fasse aucun doute que le salut vienne de Dieu, et que nul autre ne sera sauvé que celui qu'Il a résolu de sauver, ce verset  n'enseigne cependant pas que ce salut fut mis au point et accompli de l'éternité, avant la satisfaction par Christ, des exigences de Dieu par son obéissance jusqu'à la mort.

Bien vrai, le verset commence avec la mention de l'accomplissement du salut, mais nous devons nous rappeler qu'il est inspiré par l'Esprit après que Christ a accompli ce salut. Le verset a donc pour but d'expliquer comment Christ a sauvé des pécheurs en mourant. "Qui nous a sauvés" indique deux fait déjà accomplis: Premièrement, le fait que par sa mort Il a sauvé son peuple de la  juste condamnation de la loi et de la justice de Dieu (Romains 5:10), et deuxièmement, le texte est destiné a ceux que l'Esprit a sauvés de leur ignorance et de leur rébellion contre Christ et sa justice, et qu'Il a régénérés (Tite 3:5). En somme, le verset signifie que Dieu les a appelés au salut selon son propre dessein et par sa grâce. Son dessein et sa grâce étaient en Jésus Christ  avant les temps éternels, mais ce salut arrêté ne fut accompli dans le temps qu'à travers la venue, la vie, la mort, et la résurrection du Seigneur Jésus.

Avant d'aller plus loin avec la 'justification par la foi', Il importe de comprendre que le fait de dénoncer la doctrine de la 'justification éternelle' n'enlève rien à la vérité de la souveraineté de Dieu et encore moins, à la certitude du salut qui est en Jésus Christ. D'aucuns pourraient vous faire croire qu'en vous opposant à la 'justification éternelle', vous vous-en prenez à la divinité ou que vous mettez en question la certitude du salut qui  est en Christ. Contrairement aux hommes, Dieu accomplit toujours ses desseins. Il s'avère néanmoins que pour être un Dieu juste et Sauveur, Dieu ne pouvait sauver, racheter ou  justifier un seul pécheur avant ou sans que Christ n'ait payé le juste prix par sa mort . Quand Il s'est écrié: "Tout est accompli", c'était la fin (l'accomplissement) de la loi pour la justification de tous ceux qui croient (Romains 10:4). En d'autres termes, ceux qui croient, le voient en sa mort et À SA MORT comme ayant satisfait à toute la loi de Dieu dans son intégralité sans en laisser un seul brin. Si tout est accompli, c'est que la transaction a été faite dans le respect        aussi bien de ses règles que de ses pénalités. Ce que  Dieu avait ébauché par un décret dans son dessein éternel, Christ l'a mené à terme à la croix. Qu'est-ce donc qui était accompli? C'est la rédemption, la justification, la sanctification, l'adoption, le pardon, la paix, et l'absolution de ceux que le Père Lui avait donnés et qu'Il a rendus parfaits par son obéissance jusqu'à la mort.

Deuxièmement, il y a cette idée fausse selon laquelle c'est au moment ou il croit ou à la seule condition de la foi que Dieu justifie effectivement l'élu. Ceux qui sont de cet avis enseignent que bien que Christ se soit chargé du péché de ses élus à la croix, Dieu ne les justifie ou ne leur impute la justice de Christ que lorsqu'ils croient. Les réformateurs ont fait de l'expression 'justifié par la foi' le fondement et le pilier de leur doctrine. Les principaux courants du protestantisme ont donc pour la plupart adopté cette terminologie dans leur confession de foi. Le problème c'est la manière dont cette expression de la Bible est en général interprétée. Il existe trois différentes interprétations majeures qui circulent dont deux sont fausses.

1. La doctrine réformée enseigne que bien que Christ ait obtenu la justification de ses élus par sa mort à la croix, sa justice ne leur est effectivement imputée que lorsqu'ils sont amenés à croire en Christ. C'est pourquoi ils enseignent que la justification se fait sur l'acte de foi. Même s'ils ne font pas de la foi la cause de la justification, ils n'en font pas moins la condition. C'est le point de vue de la plupart des 'Calvinistes'.

2. La doctrine du libre arbitre Arménien de son côté, diffuse la croyance selon laquelle Christ serait mort pour rendre le salut possible à tous, et ne sont justifiés que ceux qui 'font de Christ le Seigneur et le Maître de leur vie en Lui accordant la première place dans leur vies.' C'est alors, selon eux, 'qu'Il est en mesure de leur donner sa justice qui les rend justes devant le Père.' Ce courant enseigne qu'on est 'justifié à cause de la foi'.

3. La doctrine biblique soutient que dès que Christ est mort, Dieu a immédiatement justifié les élus une fois pour toute. Il n'a pas fait que rendre leur salut possible. Il faut entendre par 'justifiés par la foi', qu'ils ont été justifiés conformément à 'la loi, au principe ou contenu de la foi' (Romains 3:28). Cela se voit aussi dans l'Evangile dont le mot 'foi' est utilisé comme synonyme (Romains 1:17). C'est dans ce sens qu'il nous arrive d'utiliser ce mot lorsque nous demandons à connaître la 'foi' d'un tel. C'est aussi dans cette même optique que nous parlons 'd'Articles de foi'. Lors donc que nous parlons de justification par la foi, le contexte biblique doit être bien cerné. Le mot a parfois un sens subjectif ou lié à l'expérience de la foi, mais ne désigne pour autant pas l'instrument de la justification, il s'agit plutôt du résultat de la justification.

Il nous faut donc regarder le contexte de près, afin d'être sûrs que le mot 'foi' est utilisé soit de manière objective comme ayant Christ pour objet, soit dans un sens subjectif pour parler de la foi qui est révélée au coeur par l'Esprit de Dieu. Nous avons par exemple: "La foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes." (Jude 3). Il n'est pas ici question de la foi comme résultat de l'oeuvre régénératrice de l'Esprit, il s'agit plutôt de celle qui a Christ pour objet et dont le fond (l'Evangile) proclame son sang et sa justice comme le seul motif de la justification devant Dieu. C'est la foi des élus de Dieu (la somme et la substance de l'Evangile du Fils de Dieu) qui déclare justifiés, les pécheurs pour lesquels Il est a livré sa vie. C'est la signification de Romains 3:28 où la foi est opposée à la 'loi des oeuvres'. 'La loi de la foi' représente les conditions et exigences imposées à Christ en vue de l'accomplissement de la justification. 'La loi des oeuvres' qui contrairement à la justification, a la condamnation pour fin, représente les conditions et exigences qui ne font que condamner le pécheur.

Comme nous le disions plus haut, la foi est parfois utilisée de façon subjective en faisant allusion à l'oeuvre de grâce dans le coeur. Romains 5:1 nous en donne un exemple. Mais même ici, la foi n'est ni l'instrument ni la cause de notre justification, mais plutôt le fruit de la justification. L'instrument de notre justification n'est autre que la justice de Christ par Lui-même une fois pour toute établie, par une vie d'obéissance jusqu'à la mort, puis acceptée, approuvée, et imputée aux élus de tous les temps (Hébreux 10:10). D'aucuns interprètent Romains 5:1 en disant que la foi est la cause de la justification du pécheur par Dieu. Pour eux donc, la justification et la foi sont simultanées. Le contexte de ce verset indique cependant que Dieu a entièrement fait reposer la justification du pécheur sur la seule condition de l'oeuvre de Christ accomplie en sa mort et sa résurrection, JAMAIS SUR LA FOI. "Donc" (Rom.5:1) se réfère au verset précédent, c’est-à-dire Romains 4:25 : "Lequel a été livré pour nos offenses, et est ressuscité pour notre justification." En mettant la virgule après 'justifiés' comme cela aurait dû se faire, au lieu de la mettre après 'foi', nous lisons: "Etant donc justifiés, ou ayant été déclarés justes (au motif unique de l'oeuvre rédemptrice de Christ), par ou avec la foi nous avons la paix avec Dieu..." En d'autres termes, la paix avec Dieu dont le pécheur fait l'expérience en sa conscience, est le fruit de la foi que Dieu lui donne pour avoir déjà été justifié par la mort de Christ. La foi n'est pas la raison pour laquelle Dieu justifie le pécheur, la foi résulte ou participe de la justification qui été faite grâce au sang et à la justice de Christ. La foi est la preuve de la justification que Christ a obtenue par sa vie juste et sa mort. C'est une certitude que ceux que Dieu a justifiés par le sang (la mort) de son Fils, seront amenés à croire, puisque leurs péchés ont été effacés et que Dieu les a déclarés justes à la croix (Romains 5:9). Colossiens 2:13 montre très bien que Dieu n'a pas régénéré des pécheurs dans le but de les justifier. Il les a régénérés parce qu'ils ont été justifiés en Christ par son œuvre rédemptrice: "Vous qui étiez morts par vos offenses et par l'incirconcision de votre chair, il vous a rendus à la vie avec lui, en nous faisant grâce pour toutes nos offenses."

Certains peuvent réagir en déduisant que la foi, selon notre position, n'est nullement nécessaire dans cette importante doctrine de la justification, puisque Christ à déjà tout accompli à la croix. A ceux-là nous répondons que la foi est nécessaire, mais pas en tant que le motif de notre justification devant Dieu. Il est clair que la foi est la PREUVE que Dieu a justifié en Christ le pécheur qui en fait l'expérience. Au temps marqué, tous les pécheurs qui ont été justifiés viendront, par la grâce de Dieu et par son Esprit, à Christ en se repentant pour croire au témoignage de Dieu concernant son Fils et en se soumettant à Christ, le reconnaissant comme la fin (l'accomplissement) de la loi en vue de la justice.

Nous n'osons pas faire de la foi la cause de la justification, tout comme nous nous érigeons contre le fait de faire de la volonté de l'homme, la cause de la grâce salvatrice. Le fait est qu'au temps marqué, Dieu amène à la foi en Christ tous ceux qu'Il a justifiés par la mort de son Fils. Si vous êtes croyant, c'est que la justice et le sang du Seigneur Jésus Christ vous a déjà justifié devant Dieu; ce n'est pas l'oeuvre de votre foi. Si ma justification est de quelque manière conditionnée ou liée à ma foi, que se passe t-il donc quand ma foi faiblit ou semble s'en être complètement allée? N'est-ce pas faire reposer la justification sur des bases fragiles, que de faire du don même de la foi son fondement? Même le faire du mieux qu'on le peut ne donne aucun réconfort. La foi n'est autre que le résultat de l'oeuvre de l'Esprit souverain dans le coeur, qui nous donne accès à la paix, la joie, et la communion déjà rendue possible pour nous par l'oeuvre de Christ à la croix. Si par grâce vous êtes à Lui, la foi n'est que la preuve de votre justification qui a déjà eu lieu en Christ. Quand Christ s'est écrié: "Tout est accompli", tout a vraiment été accompli!

Troisièmement, la mauvaise interprétation de la relation qui existe entre justification et oeuvres. Ceux qui n'hésitent pas à lier justification et oeuvres se rabattent sur Jacques 2:21-25. De manière superficielle il apparaît à certains qu'il est question dans ces versets de notre justification devant Dieu. Pourtant les Ecritures ne se contredisent pas. La Bible  dit clairement: "Ce n'est pas par les oeuvres de la loi que l'homme est justifié..." (Galate 2:16). La seule conclusion que l'on peut donc tirer ici, c'est que Jacques fait allusion dans ces versets à ce qui prouve aux  hommes que l'on a la foi. Si j'affirme être justifié par le sang et la justice de Christ, que l'Esprit de Dieu m'a amené à croire en Lui par la repentance et la soumission à sa justice, il faut bien que je le prouve. Ce n'est pas tout d'affirmer; il faut que le fruit soit manifeste à travers mon amour pour Dieu en vérité, mais aussi en amour, en compassion, et à travers une préoccupation pour les âmes perdues, les ignorants, et les rebelles autour de moi.

JUSTIFICATION A LA CROIX

J'ai entrepris jusqu'à ce point, de montrer en m'appuyant sur les Ecritures que toute justification qui repose sur le décret éternel de Dieu, la foi, les oeuvres ou quelque combinaison de ces points, n'a rien à voir avec la justification du pécheur. Je voudrais maintenant attirer votre attention sur le seul motif de justification que je crois être biblique. Il s'agit de la justification dont Christ est l'auteur et qui a eu lieu au temps marqué à travers une vie d'obéissance qui  l'a conduit à la mort. Cette justification, Dieu le Père l'a acceptée et approuvée et l'a par conséquent immédiatement imputée à ses élus en mettant simultanément leurs péchés au compte de son Fils. Je vous invite a considérer ces passages clés des Ecritures:

1. "S'il eût été donné une loi qui pût procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi." Galates 3:21. La justification du pécheur, du début à la fin, se fait par la grâce LIBRE de Dieu à travers la vie et la mort, la SEULE mort et la SEULE justice de Jésus Christ le Fils de Dieu, en dehors de toute oeuvre, acte de volonté ou autorisation de la part du pécheur. Romains 3:24 montre que Dieu justifie gratuitement les pécheurs PAR LE MOYEN DE LA REDEMPTION QUI EST EN JESUS CHRIST. 'Gratuitement' veut dire dépendant entièrement de Christ seul, de sa vie et de sa mort efficace. Faire reposer la justification d'une manière ou d'une autre sur la volonté du pécheur, sa foi, ou sur un éventuel premier pas de sa part, c'est rendre vaine la mort de Christ.

 2. "Et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus Christ." Romains 3:24. Le mot 'gratuitement' dans l'original signifie 'sans cause' et se rapporte à ceux que Dieu a justifiés à la croix au nom de Christ. La justification, c'est l'acte légal par lequel Dieu déclare les pécheurs justes (parfaitement justes) à cause du Seigneur Jésus Christ. Il a honoré et satisfait la loi en leur nom, aussi bien dans ses préceptes que dans ses pénalités (Matthieu 5:17). Ayant entièrement accompli la mission, toutes les bénédictions à savoir le pardon et la grâce, ont immédiatement été mis au compte de ceux pour qui cette oeuvre a justement été accomplie. Le moment venu, Dieu, par son Esprit et à travers la prédication de l'Evangile, amène tous ceux qu'Il a rachetés et justifiés en Christ, à se tourner vers Christ et à ne considérer que Lui seul comme le motif de leur justification. Ils croient en Lui et se reposent sur son oeuvre accomplie et à eux appliquée à la croix. L'heure de leur justification ne sonne pas au moment où ils croient, leur foi vient prouver ce qui a été déjà fait pour eux. La justification a été pleinement accomplie en Christ, par Christ, et à travers Christ, à la croix! (Hébreux 1:3).

3. "Il a effacé l'acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous, et il l'a détruit en le clouant à la croix." Colossiens 2:14. Il est clair d'après ce passage que la justification du croyant devant Dieu a eu lieu à la croix. Toutes les charges qui existaient contre lui y ont été satisfaites lorsque Christ est mort. Ces charges ou peines n'ont pas tout juste été annulées, mises de côté ou suspendues, mais purgées. C'est pourquoi Christ a obtenu le pardon, la rédemption, et la justification du croyant à la croix. Il ne reste plus rien de cette oeuvre de Christ à parachever dont la foi pourrait s'occuper, mais c'est par la foi que les rachetés viennent à réaliser ce que Christ a accompli pour eux à la croix, et s'en réjouissent!

Imaginons qu'un homme ne puisse pas payer l'hypothèque sur sa maison et qu'un autre s'en charge entièrement en son nom, et que la banque étant satisfaite, se dessaisisse de la maison. Que la banque n'en informe pas le propriétaire insolvable ou qu'il le soit, mais n'y croit pas pour un certain temps, n'affecte pas sa situation vis à vis de la banque. La banque ne peut plus rentrer en possession de cette maison. La quiétude du propriétaire peut par moment être troublée, mais sa maison n'en restera pas moins soldée. De même la paix de l'âme du pécheur résulte de la révélation par l'Esprit, de la vérité concernant ce que Christ a accompli, mais il reste justifié par cette oeuvre de Christ à la croix. La foi ne vient pas complèter cette oeuvre, elle est déjà parfaite. Si vous êtes en Christ par la grâce de Dieu, par le moyen de la foi, n'est-ce pas réconfortant? C'est cela l'Evangile (La Bonne Nouvelle)!

CONCLUSION

S'il n'avait été ici question que d'opposer le point de vue d'un homme à celui d'un autre, il aurait été insensé de ma part de m'engager dans un tel débat. Mais puisqu'il s'agit de la gloire et du caractère de Dieu, ainsi que la capacité des Ecritures à répondre à la question de savoir comment Dieu peut être juste tout en justifiant les pécheurs, le sujet me semble d'une extrême importance.

Pourquoi il y a t-il autant de dissensions sur un sujet que les Ecritures traitent avec tant de clarté? Cela s'explique avant tout par le fait qu'il s'agisse de la nature même de la gloire de Dieu, par conséquent nous devons nous attendre à ce que la bataille ici soit rude. La deuxième raison, c'est l'orgueil de l'homme, sans occulter ma propre dépravation en tant que pécheur comme la Parole de Dieu l'indique. C'est l'Esprit de Dieu seul qui peut éclairer le coeur d'un pauvre pécheur pour nous amener à renoncer à quelque doctrine, pensée ou pratique susceptible de nous détourner des mérites de la croix du Seigneur Jésus. C'est vers la croix (non pas celle qui est en bois, mais plutôt ce qu'elle symbolise, c'est-à-dire l'obéissance de Christ jusqu'à la mort), que l'Esprit tourne toujours le coeur de ses élus quand Il les enseigne.

La rébellion est catégorique chez certains vis à vis de toute notion de justice imputée à la croix sans les oeuvres. pendant qu'ils affirment haut et fort que Christ est tout en ce qui concerne le salut, la rédemption, la justification, et la glorification, ils restent liés aux traditions, doctrines, et autres interprétations des hommes et restent par conséquent aveugles à ce que les Ecritures Elles-mêmes enseignent. C'est par expérience que je dis cela. Mais quand il plait à l'Esprit de Dieu d'inculquer la vérité au coeur du pécheur en rendant le sujet compréhensible par sa lumière, Il produit aussi la repentance dans le coeur, donnant toute la gloire à Christ.

Plusieurs personnes abordent la justification sous différents angles. Ils ne comprennent pas que bien le sujet puisse avoir plusieurs aspects, l'objet reste le même qui est que la justification a eu lieu une fois pour toute, accomplie par le sang et la justice de Christ. Prenez par exemple un cône orange. Mis debout et vu loin, il a une forme triangulaire. Retourné, il apparaît comme un entonnoir et comme une flèche, une fois sur le côté. Il s'agit néanmoins du même cône quelque soit l'illusion optique qu'on en a à distance.

La meilleures définition de la justification, si je puis m'exprimer ainsi, ce sont les Ecritures elles-mêmes qui la donnent.

1. Romains 3:24 "Et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus- Christ"

2. Romains 5:9 "A plus forte raison donc, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère." Le sang et la mort de Christ sont synonymes dans les Ecritures. Remarquez comment les Ecritures lient notre justification devant Dieu, directement à la mort de Christ et à la rédemption qui est en Lui. Pourquoi dirait-on par exemple que Christ a certes racheté les pécheurs à la croix, mais que Dieu ne les y a pas justifiés? Dire par ailleurs que Dieu a justifiés des pécheurs uniquement par un décret et non sur le motif du payement complet d'un prix, c'est pervertir la vérité et minimiser la gloire de Christ et la portée de sa mort. Dire que bien que Christ soit mort les avantages de sa mort ne deviennent effectifs que lorsqu'on croit, c'est prêcher un salut conditionnel, chose contraire aux Ecritures.

Les pécheurs ne sont justifiés devant Dieu que d'une seule manière, c'est-à-dire par Christ, à travers sa mort sur la croix. Tout comme dans l'exemple du cône orange, il faut éviter de confondre les différentes vues qu'on a de la justification, avec une multiplicité de justifications ou une justification multipliée. Il n'y en a qu'une seule. Qu'elle soit vue de l'éternité, par la foi ou par les oeuvres. Tout a été accompli à la croix. Puisse le résumé suivant nous être utile.

1.      La justification vue de l'éternité. Il faut se garder ici de dire qu'il s'agit de l'agneau immolé avant d'être immolé. Il  s'agit plutôt de l'agneau que Dieu a destiné a être immolé et qui est donc venu comme prévu, offrir sa vie en sacrifice.

2.      La justification vue par la foi. Aucun mérite n'est à ce niveau reconnu à la foi et elle n'est nullement perçue comme l'instrument de la justification qui s'approprie la justice de Dieu. La foi voit plutôt cette justice comme déjà accomplie et pourvue en la mort du Sauveur et Substitut.

3.      La justification vue par les oeuvres. Nos oeuvres ne nous justifient pas devant Dieu. Elles sont plutôt la preuve que nous avons été justifiés par Dieu à travers la mort de son Fils, notre Substitut. Les oeuvres qui suivent sont les fruits de la justice de Christ qui a été imputée à son peuple à la croix.

4.      La justification accomplie à la croix. C'est l'ancre, le SEUL motif d'une justification devant Dieu. Toute autre conclusion livre l'âme à tout vent de doctrine.

 

KEN WIMER

Shreveport Grace Church

Shreveport, LA

www.shrevegrace.org