NON SOUS LA LOI MAIS SOUS LA GRÂCE
« Car le péché n’aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce. » Romains 6 :14
En disant : « vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce », Paul fait là l’une des déclarations les plus importantes qui puissent venir d’un être humain. Nous avons en nous-mêmes, aussi bien les germes du mépris de la loi de Dieu qui pousse à une vie licencieuse que celles du légalisme qui fait dépendre le salut de l’obéissance à la loi. Ces deux principes sont dans notre nature et donc nous paraissent à tous tout à fait naturels.
En tant que croyant de l’Evangile je rejette ces deux tendances. Je suis plutôt fermement attaché à une liberté acquise par une justice parfaite qui me fut imputée. Je n’ai point le désir de satisfaire aux convoitises de ma chair ni à sa naturelle corruption. Je refuse de me servir de la liberté acquise par cette justice qui me fut imputée, comme une licence pour satisfaire ma dépravation, quand bien même ce serait pour moi la chose la plus naturelle à faire. Je ne suis cependant pas sous la loi. Ces propos me réconfortent donc. Que faut-il en fait entendre par : « vous êtes non sous la loi, mais sous la grâce. » ?
A qui se réfère le pronom ‘vous’ dans ce contexte ? Paul s’adresse toujours à ceux qu’il a, dans le chapitre premier, désignés comme ‘les appeles’, ‘les bien-aimés de Dieu’, ‘les saints’. ‘VOUS’ qui étiez sous la condamnation à cause du péché d’Adam ; ‘VOUS’ qui êtes maintenant justifiés à cause de l’obéissance de Christ, de son sang, et de sa justice à vous imputée ; VOUS n’êtes pas (temps présent- même à cet instant) sous la loi.
Que signifie le mot ‘sous’? C’est un mot qui veut dire être sous l’autorité d’un autre. Cela veut donc dire ne pas être redevable à… Eu égard aux deux tendances citées plus haut, l’on est redevable soit à la loi soit à la grâce. Or il est dit ici que vous n’êtes pas redevable ; ou encore, vous n’êtes pas sous l’autorité de la loi. Dans le texte original l’article définit ‘la’ n’existe pas. On utilise l’article définit pour parler de quelque chose en particulier ; d’une famille par exemple : ‘la famille William’ ou ‘les Williams’, ‘les Mostellers’, ‘les Browns’. L’omission de l’article renvoie à l’essence même. Paul ne parle donc pas ici d’une loi en particulier, c’est-à-dire celle de Moïse par exemple, mais plutôt de tout ce qu’on peut appeler loi, c’est-à-dire quelque exigence ou condition qu’on puisse imposer. C’est cela l’essence de la loi. La loi avait Plusieurs composantes qu’on peut ranger sous deux étiquettes à savoir exigences et conditions.
Ainsi donc, le mot ‘loi’ sans article signifie que vous n’êtes pas sous ce qui constitue l’essence d’une loi ou tout ce qui, dans son essence, renvoie à la loi ; MAIS (dans le sens le plus ferme) sous (redevable à) la grâce, cette faveur imméritée, volontaire, inconditionnelle, non désirée de Dieu qui sauve. Le mérite compte, mais n’est pas conditionné par l’œuvre ou la volonté humaine. Une exigence conditionne ce que l’homme accomplit. Dès que l’on établit des préalables ou des conditions on est en face d’une loi. La grâce toutefois, est un mérite qui ne s’acquiert que sur la base de l’œuvre de Christ seul. C’est ce qu’accomplit la grâce. C’est la faveur imméritée que Dieu fait gratuitement au pécheur, sur la base unique de l’œuvre accomplie par Christ. C’est seulement à cette grâce et non à des règles et conditions auxquelles nous satisfaisons, que le croyant de l’Evangile répond la grâce, rien que la grâce seule.
T. DAVID SIMPSON, Knoxville, TN